HISTOIRE / Atteinte de la sclérose en plaques depuis mes 23 ans, j’ai toujours refusé tout traitement allopathique et me suis orientée vers un chemin thérapeutique moins conventionnel. Après un long parcours rempli de hauts et de bas, je vis aujourd’hui en harmonie avec celle que je nomme ma meilleure ennemie. C’est ce chemin que je souhaite partager pour présenter une expérience, emprunte de résilience, et une autre façon de percevoir les épreuves que nous traversons. Car, au final, elles sont souvent des messages pour apprendre à mieux nous connaître et trouver le moyen de vivre en phase avec nous-mêmes.

Synopsis : dans le chapitre 15, mon corps se manifestait à travers une seconde poussée. Mais, pour la première fois, je cherchais un autre moyen d’en sortir, plutôt que de passer par le conventionnel traitement sous bonus de cortisone. On me proposa d’essayer l’acupuncture et le résultat fut au-delà de mes espérances : je récupérais entièrement en une dizaine de jours (à raison d’une séance par jour) de ma poussée. Pourtant, malgré ce résultat encourageant, la phase de Tristesse continuait … Je glissais doucement dans une profonde déprime.

 

La traversée du désert

 

Alors, je me suis autorisée à sombrer. Mes parents étaient partis en vacances et je refusais leur proposition de rentrer plus tôt. Je fis le choix de rester seule, pour mieux traverser ce moment et espérer, par la suite, de sortir de la dépression. Puisqu’il me fallait accepter cette « fatalité » (oui, c’est ainsi que je La voyais à l’époque), alors autant prendre le temps et l’espace d’exprimer mon désespoir.

Rester seule me permettait de n’avoir aucune échappatoire, mais surtout aucune retenue !!! A part cette amie de ma mère et mes séances d’acupuncture qui me prenaient une heure par jour, le reste de mon temps, j’oscillais entre crises de larmes et apaisement.

Les pleurs venaient facilement et ma solitude me permettait ainsi de donner libre cours à cette émotion si puissante. Y-a-t-il un lien entre cette dépression et la sclérose en plaques ? Etait-ce un des symptômes de ma poussée ? Je n’en ai aucune idée. Mais comme je l’ai écrit dans mon chapitre sur les émotions, il fallait que cette Tristesse s’exprime ! Mon intuition était qu’il s’agissait de la condition sine qua non pour sortir de cette étape.

 

Une étape si nécessaire !

 

Mais, curieusement, je ne garde pas un mauvais souvenir de cette période. Malgré ma détresse, je me sentais enfin en paix. Alors que les périodes de Déni et de Colère avaient été vécues dans une grande tension et une certaine culpabilité, je ressentais un certain soulagement à me laisser aller dans cette Tristesse. 

Je commençais à prendre conscience que ma vie ne serait plus jamais comme avant, qu’il faudrait peut être que je fasse des choix en conséquence. Mais, si je pleurais ma « vie perdue », j’acceptais enfin le passage vers une nouvelle étape.

Je me résignais doucement, m’imaginant à ce moment là (bien à tort !!) que ma vie serait désormais dans cette douleur, cette tristesse. Je pense qu’il est là le lien entre dépression et sclérose en plaques. Cette idée que notre vie a changé, qu’elle ne pourra plus ressembler à ce qu’on avait imaginé. C’est un deuil, qui prendra plus ou moins de temps, qu’il faut faire.

 

Comment sortir de la dépression ?

 

Le piège était alors d’éviter de rester bloquée dans cette phase. Comme je l’ai indiqué dans la présentation des différentes étapes qui suivent l’annonce d’une maladie, beaucoup de personnes restent dans cette période et n’arrivent plus à en sortir. Cela demande une énergie considérable et, surtout, d’être bien accompagné(e).

Et c’est normal ! Seul(e), c’est tellement difficile !

 

Au bout du tunnel, il y a toujours une Lumière

sortir de la dépression

Avec l’acupuncture, cette amie de ma mère travaillait aussi sur ma déprime. C’est réellement elle qui m’a aidée à sortir de la dépression. Etant thérapeute, elle savait accompagner les personnes dans la douleur et elle me redonna du courage et de l’espoir, me répétant qu’on ne restait pas éternellement dans la noirceur du tunnel et qu’au bout, il y aurait une lumière. Je m’accrochais donc à cette litanie, recommençant doucement à espérer et acceptant cette phase. 

C’est cet espoir qui m’a réellement aidé à sortir de la dépression.

 

Pas nécessairement une force de caractère

Récemment, une personne a commenté un de mes post sur ma page facebook (j’adore recevoir vos commentaires, ils sont une réelle source d’inspiration et me donnent le courage de continuer à vous écrire !). Elle m’a écrit me disant admirer ma « force de caractère ». Je dois vous avouer que cela m’a faite sourire. Cela m’a touchée d’être à même de renvoyer cette image aujourd’hui.

 

Peut-être que c’est ce qui se lit à travers mes publications, à travers mon récit, mon expérience. Pourtant, cette « force de caractère », j’ai dû la construire. Comme chacun d’entre vous, j’ai eu mes moments où je ne croyais plus en rien, où je luttais contre le désespoir et l’absence de désir. Dépression et sclérose en plaques, oui ça serait mon futur !

Vous connaissez certainement ces moments où la vie vous apparait vide de sens, où le futur parait si sombre que vous n’imaginez pas qu’à un moment la lumière pourrait revenir.

Et pourtant, sortir de la dépression, c’est possible ! Malgré le temps que cela prend, je suis convaincue que ces moments douloureux prennent toujours fin ! 

 

Accepter de se faire aider

Comment est-ce que l’on dépasse ces moments ? Comment est-ce que je les ai, moi, dépassés ? Déjà, en me faisant aider, en reconnaissant que, seule, je n’y arrivais plus. Cela sous-entend de savoir s’entourer de personnes bienveillantes, de savoir se couper des relations toxiques, celles qui nous tirent vers le bas.

Je crois fortement que la vie est à même de nous proposer, même dans les moments les plus sombres, une épaule, ou un moyen de pouvoir remonter. Parfois, nous sommes tellement dans le noir que nous n’arrivons pas à le voir. Ou nous le refusons, convaincu(e)s que la vie ne nous aime pas et que tout se ligue contre nous. Nous fermons alors la porte.

Et puis, lorsque nous acceptons cette aide, ce message, lorsque nous cessons de lutter contre ce désespoir et que nous acceptons de le traverser en pleine conscience, un nouveau sentiment peut naître. Nous ne sommes plus seuls et l’espoir peut commencer à renaître.

 

Pour moi cela a été lors de ma deuxième poussée de sclérose en plaques. L’amie de ma mère, médecin et acupunctrice, m’avait dit qu’elle pensait qu’il lui serait possible d’agir grâce à cette médecine chinoise. Ma première poussée remontait à seulement quelque mois et je venais tout juste de récupérer des effets secondaires des bolus de cortisone. Quelque chose en moi s’était brisé et la perspective de retourner à l’hôpital revivre ce traitement me faisait me sentir au bord d’un gouffre, prêt à m’engloutir.

 

La suite, je la raconte dans mon récit. J’ai fini par récupérer au bout de deux semaines mes sensations. Mais le plus fort de ce moment fut sa présence apaisante, ses bras qui m’entouraient quand je pleurais toutes les larmes de mon corps et sa phrase persistante : « l’ombre ne dure pas toute une vie, au bout du tunnel, il y aura de la lumière. Accroche toi à cette lumière, cet espoir qui viendra forcément, crois-y fort tout le temps ! »

 

Je ne sais pas pourquoi le déclic s’est fait à ce moment là. Pourtant des moments difficiles, j’en ai revécu par la suite (et j’y reviendrai au fur et à mesure de mon blog) mais cette certitude du fait qu’il y aurait une fin à chaque fois, que ces moments avaient un sens à ce moment de ma vie ne m’a plus lâchée. C’est ainsi que j’ai appris à sortir de la dépression et c’est ce qui m’a permis d’être au plus proche de moi en refusant, par la suite, le traitement suggéré par le neurologue, pressentant que ce n’était pas la voie qui me conviendrait.

 

C’est réellement cet espoir que je souhaite partager aujourd’hui !

 


5 commentaires

Laurence Degrève · 22/02/2018 à 20:45

J’essaïe tant bien que mal de ne pas sombrer dans la dépression grâce à l’aide des gens qui m’entouRent comme mes amis et ma famille, la lecture et des petits bonheurs quotidiens. La lecture est un bon exutoire. Je me dis aussi qu’il y a toujours une lumière au bout du tunnel.

Lisa · 23/02/2018 à 17:26

Bravo Laurence ! Je pense vraiment que l’espoir est un bon remède 🙂 Et comme tu le dis, lire des choses inspirantes et surtout s’autoriser à aller mal ! Je crois que le pire c’est de vouloir aller contre ces moments de tristesse, en se voulant « plus fort ». Au final, on ne s’autorise pas à craquer un bon coup, et ça n’est que repousser pour mieux sauter. Se donner le droit de traverser un moment difficile et de se laisser aller dans cette douleur est un pas de plus vers la sortie du tunnel !

Chapitre 17. IV. La Tristesse / 2. Pourquoi j'ai refusé les interférons · 21/02/2018 à 11:07

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Une autre forme de traitement de la sclérose en plaques ? · 07/03/2018 à 11:36

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Chapitre 19 - 5. L'ESPOIR, grand véhicule du succès · 10/03/2018 à 10:35

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