HISTOIRE / Atteinte de la sclérose en plaques depuis mes 23 ans, j’ai toujours refusé tout traitement allopathique et me suis orientée vers un chemin thérapeutique moins conventionnel. Après un long parcours rempli de hauts et de bas, je vis aujourd’hui en harmonie avec celle que je nomme ma meilleure ennemie. C’est ce chemin que je souhaite partager pour présenter une expérience, emprunte de résilience, et une autre façon de percevoir les épreuves que nous traversons. Car, au final, elles sont souvent des messages pour apprendre à mieux nous connaître et trouver le moyen de vivre en phase avec nous-mêmes.

Synopsis : dans le chapitre 27, je racontais la manière dont le décodage biologique m’avait aidée à reprendre pied. Je ne ressentais plus autant intensément la peur de faire une poussée. Après tout, si elle venait, non seulement je saurais l’écouter, mais aussi je serais en mesure de la soigner de façon plus douce, à travers l’acupuncture. Je me remettais à vivre, en prenant conscience de mon corps, en apprenant à l’écouter …

 

L’importance de la confiance en soi

confiance en soi

 

J’étais acceptée chez Amnesty International ! A leur siège, à Londres, en Angleterre ! Ce pays, à travers mes études, avait été un vrai coup de cœur pour moi. Je repartis cette fois avec entrain. Je me sentais forte depuis l’expérience de médiatrice et ma sclérose en plaques me faisait moins peur. Par contre, elle soulevait d’autres peurs : à savoir celle de la confiance en soi …

Car le travail qui me fut confié était assez important et valorisant : écrire un rapport sur le droit Burkinabe, avec une publication à la clé . J’étais en relation avec les hautes institutions dans le milieu du droit pénal international. Et, pour faire bonne figure, je dus cependant lutter plusieurs fois contre mon angoisse de ne pas réussir. Allais-je pouvoir réussir ce challenge ou est-ce que mon corps se bloquerait de nouveau, face à la perspective d’échouer ?

En réalité, aujourd’hui, je me rends compte que la problématique de la confiance en soi, dans ce cas particulier, venait aussi du fait que je me trompais littéralement d’univers professionnel. Un peu comme si je cherchais à devenir une sportive de haut niveau dans un sport que je n’aimais pas. Avec le recul, la seule chose qui me plaisait dans cette expérience était la renommée d’Amnesty International, le milieu international et le fait que ce soit basé en Angleterre. J’étais en quête de Prestige, pour palier à ce manque de confiance en soi et je me trompais complètement de chemin.  Mais il me faudra du temps (et une autre poussée) pour le comprendre…

Du coup, face à cette peur, toujours dans mon optique d’être accompagnée physiquement, je cherchais et trouvais tout de suite une praticienne en shiatsu à des tarifs raisonnables pour me faire aider lorsque je me sentais plus fragile. Ce stage devait durer 6 mois mais je le fis durer un peu plus. Je n’avais pas vraiment d’idée sur ce que je pourrais faire après.

Finalement, à son issue, il me fut proposé un poste en tant que juriste, au tribunal des Khmer Rouges, basé au Cambodge.

Première décision en accord avec ma sclérose en plaques

 

Je fus incapable d’accepter. J’avais axé toutes mes études, fais tous mes choix de vie pour un poste comme celui-ci et soudain, la perspective de partir m’expatrier, seule, à l’autre bout du monde avec la santé que j’avais me parût inenvisageable. Inconsciemment, je sentais que je me mettrais en danger.

Bien évidemment, mon refus ne fut pas compris par mes supérieurs. Cette fois-ci, je m’étais bien gardée de communiquer sur ma santé pour ne pas me voir fermer des portes à cause de la méconnaissance qu’il y a souvent au sujet de cette maladie. Mon stage se termina sans qu’aucune autre opportunité ne se profile à l’horizon. Ce fut la première décision que je pris, étant en phase avec ma maladie et en prenant conscience de mes besoins réels. Je ne me voyais vivre qu’en Angleterre ou, alors, rentrer en France. Il me fallait un pays dans lequel je puisse trouver les thérapies qui m’aidaient à prévenir ma sclérose en plaques.

Le milieu des ONG est un milieu très petit et très fermé et pour pouvoir réussir, il me fallait une expérience de terrain. Je dus donc quitter mon appartement londonien qui était une sous-location. Un de mes amis de longue date  me proposa de m’héberger à Paris le temps que ma situation s’éclaircisse. A  cette époque, mes parents étaient en plein déménagement, nous venions d’être cambriolés et je préférais me retrouver dans une ville avec plus d’opportunités que Montpellier pour ma recherche d’emploi.

Face au manque d’offres d’emploi dans mon domaine initial et reconnaissant désormais le fait que je me sentais incapable de m’expatrier, je me retrouvais de nouveau confrontée à mes démons intérieurs, à savoir l’immobilisme et le manque de confiance en soi. Si j’avais réussi à tenir le coup pendant cette expérience, ce gouffre intérieur allait de nouveau se manifester.

Je pris alors conscience que, même si j’avais eu la chance de pouvoir aller aussi loin dans ce domaine, la donne avait changé avec cette maladie et que cette voie n’était désormais plus celle dans laquelle je souhaitais m’engager.

Mais, alors, que faire ?

Catégories : V - La Reconstruction

2 commentaires

anahitapoulzadeh · 23/05/2018 à 22:17

« je me retrouvais de nouveau confrontée à mes démons intérieurs, à savoir l’immobilisme et le manque de confiance en soi.  » yes.. beaucoup de nos maladies partent de là.. j’aime vraiment votre histoire ( j’avais interagi avec vous sur un forum fb..)

    Lisa · 25/05/2018 à 11:47

    Merci beaucoup ! Au plaisir d’échanger de nouveau avec toi ! Et merci pour tous tes commentaires. J’ai lu certains des livres dont tu parles et je suis bien d’accord avec toi sur leur pertinence et leur message 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :