HISTOIRE / Atteinte de la sclérose en plaques depuis mes 23 ans, j’ai toujours refusé tout traitement allopathique et me suis orientée vers un chemin thérapeutique moins conventionnel. Après un long parcours rempli de hauts et de bas, je vis aujourd’hui en harmonie avec celle que je nomme ma meilleure ennemie. C’est ce chemin que je souhaite partager pour présenter une expérience, emprunte de résilience, et une autre façon de percevoir les épreuves que nous traversons. Car, au final, elles sont souvent des messages pour apprendre à mieux nous connaître et trouver le moyen de vivre en phase avec nous-mêmes.

 

Synopsis : dans le chapitre 29, je me sentais « sclérosée » au sens propre du terme. J’étais incapable de me projeter dans un emploi quel qu’il soit. Je ne savais pas ce que je souhaitais faire de ma vie, suite à mes mésaventures avec le milieu des ONG. Et surtout, ma maladie me faisait redouter tous les emplois que l’on me suggérait. C’est finalement la thérapie qui me permit de sortir la tête de cette période !

 

Une thérapie pour rebondir

 

Cette période dura plusieurs mois. Plusieurs mois pendant lesquels je fus incapable de chercher du travail, incapable de me projeter dans un emploi, n’importe lequel. Tout me faisait peur, la possibilité de faire une poussée si je m’épuisais trop dans un travail était de nouveau obsédante.

Je sombrais peu à peu dans une sorte de dépression.

 

Cette fois-ci, ce fut ma meilleure amie qui me convainquit de retourner voir quelqu’un pour m’accompagner. Quelque part, je me répétais que je ne voyais pas ce sur quoi je pourrais encore travailler. Toute à ma dépression, je n’avais pas le goût à aller voir quelqu’un, à ressasser de nouveau le passé, à voir resurgir des événements douloureux. . D’une certaine façon, je n’avais pas encore pris conscience de l’impact, dans ma vie, de ma blessure abandonnique.

Mon amie insista, à de nombreuses reprises. Et, un jour, je cédais. Je me sentais tellement seule que la perspective de pouvoir être accompagnée me sembla être ce qu’il y avait de plus juste, une fois de plus.

Au final, cette thérapie durera 3 ans et me permettra vraiment de mettre le doigt sur les blessures de mon histoire personnelle, en approfondissant ce que le décodage biologique avait laissé entrevoir et en me permettant de savoir désormais entièrement vivre avec elles.

 

 

Un choix salutaire

 

thérapie

Photo de Patrick Clément

Le courant que j’avais choisi — qui est celui dans lequel exerce ma mère — est celui de la psychothérapie en Gestalt. C’est un courant qui vise à développer l’autonomie, la responsabilité et la créativité de l’individu. Si il nous aide à comprendre comment nous fonctionnons, il nous apprends aussi comment agir avec ce que nous découvrons et à vivre avec nos blessures.

C’était exactement ce dont j’avais besoin à ce moment-là. Non plus de comprendre le message de ma sclérose en plaques, mais d’accepter vraiment sa présence et de savoir comment évoluer désormais avec. Et c’est ce que m’amena cette thérapie !

Petit à petit, je repris goût à la vie. Je recommençais à sortir avec mes amis. Mais, surtout, je réussis à m’extirper une fois de plus de la posture de victime dans laquelle j’avais recommencé à me mettre.

Et oui ! Face à mon incapacité, sur le moment, de me mettre en mouvement et de chercher du travail, j’avais repris, inconsciemment, goût à me positionner en tant que victime. N’étant pas en mesure d’agir par moi-même, j’attendais que quelqu’un résolve le problème à ma place, que quelqu’un me prenne en charge.

 

C’est terrible à dire mais je rencontre beaucoup de personnes dans cette posture. D’un côté, cela me touche profondément car je connais ces moments où tout nous semble insurmontable et où l’on espère/attend que quelqu’un nous viendra en aide et s’occupera de nous. Mais, d’un autre côté, c’est une manière de se positionner envers laquelle il faut être très vigilant ! Personne, à part nous-même, ne peut nous amener la solution. Simplement à nous aider à en prendre conscience.

A ce moment-là, la thérapie était juste une aide, un appui pour m’aider à trouver la solution en moi-même et par moi-même.

Mon article ET SI … je redevenais acteur face à ma maladie traite notamment de ce sujet. Et surtout, de ne pas confondre Aide (à travers la thérapie, des parents, amis bienveillants) et Sauvetage (comme dans le fameux triangle Bourreau/Victime/Sauveur). Parfois, les personnes qui cherchent à nous « sauver » et qui nous prennent entièrement en charge ne sont celles qui nous aident le plus à remonter.

De façon imagée, j’aime à parler de deux chemins :
-> l’un sera difficile d’accès, douloureux, avec de nombreuses crevasses et d’épines. Mais au fur et à mesure que l’on avance, le soleil se met en place, le sentier devient plus facile d’accès jusqu’à l’arrivée qui est lumineuse. Et lorsque nous sortons de ce long chemin, nous sommes fiers de ce que nous avons parcouru.
-> l’autre sera de suite plus facile d’accès. Mais la fin reste incertaine et, malgré son apparente facilité, nous rencontrons beaucoup de branches épineuses. Le soleil joue à cache-cache et il n’y a pas de réel point d’arrivée.

Bien évidemment, cela reste un point de vue très personnel. Mais je serais curieuse d’échanger avec vous et de savoir ce que cela vous évoque 🙂

Dans tous les cas, c’est cette thérapie qui m’a (ré)appris à redevenir Actrice. A partir de là, j’entrais, pour la première fois, dans la vie active, en tant que salariée.


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