Bienvenue dans ma saga « ET SI … » 
Ces articles ont pour idée de vous présenter les différentes thérapies, médecines, modes de vie, manières de penser que j’ai essayés pour cultiver une manière positive d’aborder ma maladie. Certains seront plus farfelus que d’autres, certains seront tirés de ma propre expérience, d’autres de lectures qui m’ont inspirées, de retour de mes lecteurs…Alors, n’hésitez pas à interagir, à commenter, à partager si vous avez déjà essayé ou si cela vous parle 🙂

 

 

La maladie et la fatigue

 

 

Je lis beaucoup de commentaires à travers les forums de personnes touchées par la sclérose en plaques ou toute autre maladie. Beaucoup parlent de leur fatigue latente, cette fatigue qui nous prend dès le matin au réveil alors même que nous sortons d’une longue nuit de sommeil. Du coup, cela m’a interrogée sur le lien entre la maladie et la fatigue.

On nous dit que la maladie et la fatigue vont de pair, en tout cas c’est le discours tenu dans la sclérose en plaques. Je ne peux pas dire que ce n’est pas le cas, en tout cas partiellement. Je n’ai pas de connaissances médicales outre mesure.

Il est vrai aussi que de nombreux traitements nous affaiblissent. Alors je ne vous parlerai pas de la fatigue mécanique. Et, surtout, que nous ne sommes pas tous égaux face au besoin de sommeil. Je sais que en dessous du seuil de 8h de sommeil par nuit, je ne me sens pas reposée et que je suis tout à fait capable de dormir 12 heures d’affilées pour récupérer. Mais, une fois que nous sommes conscients de notre capacité, à nous d’en prendre soin 🙂

 

 

La fatigue émotionnelle

 

 

la maladie et la fatigue

 

Mais je me suis aussi rendu compte, à travers mon expérience personnelle, que ma fatigue pouvait être parfois psychologique,  émotionnelle.

Suite au diagnostic posé sur ma sclérose en plaques, les médecins m’avaient annoncé que j’allais souvent être fatiguée. Et je l’ai été ! Énormément !

Les premiers mois, de retour à mon stage, en Italie, j’annonçais régulièrement à mon maître de stage que je ne pouvais pas venir car je pensais n’avoir pas « assez » dormi. J’étais épuisée perpétuellement. Mais, en réalité, je sais aujourd’hui que ce qui m’épuisait était la tension permanente dans laquelle je me trouvais. J’étais dans un état de déprime profonde, que je me refusais à affronter. J’avançais jour après jour en plein Déni, à vouloir faire comme si cette maladie n’allait pas changer ma vie. Je bouillonnais de Colère mais je ne le reconnaissais pas.

J’avais mis un couvercle sur toutes ces émotions. J’étais passée de la phase de Choc à la phase de Déni en un rien de temps et tout ce que je me refusais à exprimer me rongeaient, m’épuisaient. Alors oui j’étais fatiguée …


Ne voulant pas aller regarder ce côté là, j’étais donc persuadée que la maladie et la fatigue allaient forcément de pair, que toute ma vie serait désormais ainsi. 

 

 

Regarder sa fatigue autrement

 

 

Cette fatigue m’a toujours poursuivie. Mais j’ai appris petit à petit à regarder mes moments d’épuisement avec plus d’attention. En réalité, je distingue aujourd’hui la fatigue physique à la fatigue émotionnelle ou nerveuse (souvent liée à une forte tension intérieure).

La fatigue physique, il me suffit de dormir, de me reposer, me détendre. J’ai, par ailleurs, de plus en plus d’échos sur les bienfaits de la nourriture sur la maladie et la fatigue.

Cependant, je sais désormais que si je passe trop de temps dans un état de fatigue physique, sans avoir pris le temps de prendre soin de moi, je peux aussi basculer en fatigue émotionnelle ou nerveuse.

Et c’est celle là qui est le plus difficile à récupérer. Il est aussi là le lien entre la maladie et la fatigue. Parce que la surcharge émotionnelle liée à la maladie et non évacuée épuise littéralement !

 

 

Que faire face à la fatigue émotionnelle ?

 

 

Du coup, dans des moments de grande fatigue, je me pose plusieurs questions : est-ce qu’il y a quelque chose dans ma vie qui me bloque en ce moment ? Est-ce que j’ai réussi à mettre suffisamment de joie, de choses qui m’attirent dans ma vie en ce moment ? Est-ce que j’ai une émotion (peur, colère, tristesse), enfouie en moi, qui peine à s’exprimer ? Est-ce que j’ai suffisamment pris soin de moi ces derniers temps ?

Ce sont souvent aussi ces questions qui me permettent de définir qu’il s’agit plus là d’une fatigue émotionnelle.

Si je n’arrive pas à l’enrayer, deux options se présentent à moi :

* je fais un soin physique : acupuncture, shiatsu, massage énergétique … Sinon, je prends le temps de trouver l’émotion qui a besoin de s’exprimer, le soin dont mon corps a besoin. Je sais que je suis une sacrée hypersensible, une vraie éponge à émotions (autant les miennes que celles des autres) donc je peux vite me retrouver noyée sous un flot que je n’ai pas réussi à endiguer.
Et, très souvent, le fait de pleurer m’aide beaucoup à libérer cette tension nerveuse. J’ai même peu à peu mis en place plusieurs outils pour parvenir à pleurer, rien que pour me soulager 🙂

* une autre solution consiste à mettre en place dans ma vie un moment qui va m’apporter de la joie, quelque chose qui me fait vibrer. Alors bien sûr, cela demande de bien se connaitre, de s’être posé la question :  qu’est ce qui me stimule, me donne suffisamment envie pour que je m’y mette coûte  que coûte et que, loin de m’épuiser, cela me régénère.

 

 

Retour d’expérience :

 

Je me suite rendue compte il y a bientôt cinq ans de la donnée psychologique de ma fatigue, lors de ma dernière poussée. J’avais des paresthésies dans toute ma jambe droite, elle était très raide et je peinais un peu à me déplacer. Je faisais des séances d’acupuncture chaque semaine pour m’en remettre. La logique voulait que je reste au calme, à me reposer. Je dormais beaucoup mais me réveillais encore plus épuisée.

 

Même si je savais que cette poussée avait une bonne raison d’être apparue dans ma vie à ce moment précis, je n’avais pas le moral. Je savais qu’il y avait un lien entre la maladie et la fatigue : cette dernière était, certes, physique (mon corps était en inflammation) mais aussi très émotionnelle.

Alors je me suis demandée comment palier à cela … Il me fallait remettre un peu de joie dans ma vie ! Je danse le rock n’ roll depuis bientôt 9 ans et, à l’époque, la danse était mon plus grand échappatoire. Je suis donc partie, avec ma jambe raide, à mon cours de danse puis à une soirée. J’ai dansé 4h ce soir là, tant bien que mal !  J’étais stimulée, heureuse ! En rentrant, je tombais de fatigue physique. Mais le lendemain, je me sentais bien. Ma jambe était toujours raide et ma poussée mettra quelques temps encore à disparaître définitivement. Mais je me sentais prête à déplacer des montagnes. 

 

J’ai découvert l’importance des moments de plaisir à ce moment là. Avant tout tournait autour de « je ne dois pas me fatiguer ». Et l’ironie était que plus je cherchais à ne pas m’épuiser, plus je me mettais dans un état de tension qui … me fatiguait encore plus. Tout ce qu’il me fallait était de mettre dans ma vie des moments de joie, de pur plaisir… car, au fond, lorsqu’on vit des moments de bonheur, on est capable de mettre la fatigue émotionnelle de côté.


1 commentaire

Valentin marielle · 03/10/2018 à 13:02

Tout est très juste. La technique pour pleurer afin de se libérer de ses émotions je veux bien la connaître. 😊Merci

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