HISTOIRE / Atteinte de la sclérose en plaques depuis mes 23 ans, j’ai toujours refusé tout traitement allopathique et me suis orientée vers un chemin thérapeutique moins conventionnel. Après un long parcours rempli de hauts et de bas, je vis aujourd’hui en harmonie avec celle que je nomme ma meilleure ennemie. C’est ce chemin que je souhaite partager pour présenter une expérience, emprunte de résilience, et une autre façon de percevoir les épreuves que nous traversons. Car, au final, elles sont souvent des messages pour apprendre à mieux nous connaître et trouver le moyen de vivre en phase avec nous-mêmes.

Synopsis : dans le chapitre 2, je présentais la jeune fille de 23 ans que j’étais avant que tout ce parcours commence : hédoniste, insouciante, peu ancrée dans la réalité et ayant beaucoup de mal à se projeter dans un parcours professionnel. Tout juste sortie des études, je venais d’être acceptée pour ce stage et il s’agissait de ma première expérience professionnelle. 

Premiers symptômes : des fourmillements

En avril 2009, je fus finalement acceptée pour un stage, à l’Institut International de Droit Humanitaire, à Sanremo. Je devais pour cela quitter l’Espagne, mon compagnon et, pour la première fois, partir seule.  J’étais très effrayée par cette première expérience. Je manquais terriblement de confiance en moi et je ne voyais pas ce que j’allais pouvoir apporter. Mes études de droit avaient toujours été purement théoriques et je n’avais finalement jamais eu à mettre en pratique mes connaissances.

Pleine d’angoisse, même si je me refusais à me l’avouer, je partis cependant pour l’Italie. Le voyage fut éprouvant, j’étais très chargée et je devais changer plusieurs fois de train, et transporter toutes mes affaires à chaque fois à travers les gares. A mon arrivée à Sanremo, suite à un malentendu avec l’agent immobilier, je me retrouvais, de surcroit, forcée de traverser toute la ville pour aller récupérer les clefs à l’agence.

Je me retrouvais finalement dans mon nouveau chez-moi. L’appartement était assez grand et il était prévu qu’une autre stagiaire américaine me rejoigne, un mois après, pour le partager. Je comptais donc sur cette première soirée pour préparer mon arrivée dans les bureaux de l’Institut dès le lendemain et faire la meilleure impression.

Lorsque, soudainement, des fourmillements dans tout mon torse, courant de la base de mon cou jusqu’au bas ventre, commencèrent à apparaître. Alors que je déposais mes valises dans l’appartement que j’allais occuper pour les mois à venir, je me rendis soudainement compte de la complète insensibilité de cette partie de mon corps . Je ne connaissais pas alors le terme de paresthésies et je me trouvais bien en peine de pouvoir décrire ce qui m’arrivait.  De plus, je m’aperçus que, lorsque je baissais la tête, de fortes décharges électriques remontaient le long de mes jambes.

Je connaissais ces décharges électriques. Je les avais déjà ressenties par le passé mais j’avais les toujours mises sur le compte d’un nerf coincé, conséquences d’une nuit dans une mauvaise position. Dans mon insouciance, je voyais presque cela comme une sensation rigolote qui disparaîtrait dans tous les cas et je n’en avais jamais parlé. A chaque fois, au bout d’une ou deux semaines, ces décharges s’estompaient et je n’y pensais plus. 

Mais, cette fois-ci, je trouvais cela tout de même bizarre. Ces paresthésies ressemblaient fortement à la sensation que l’on a lorsque nous ressentons des fourmis dans une jambe. Lorsque nous touchons notre jambe, la peau est toute endormie et lorsque nous nous pinçons, il faut quelques secondes pour réussir à en ressentir l’effet. Cependant, ce n’était pas dans localisé seulement dans une jambe mais dans tout mon torse et je ne voyais pas du tout ce qui aurait pu provoquer ces fourmillements.

Début du stage

Je me présentais toutefois à mon stage le lendemain. J’avais finalement pris conscience que les places dans le milieu humanitaire étaient très difficiles à avoir, j’avais eu du mal à y entrer et je voulais me donner la possibilité d’obtenir un poste par la suite. Par conséquent, il n’était pas envisageable de m’arrêter aussi rapidement et je ne prenais pas cela comme quelque chose de sérieux. Une fois de plus, je mettais ces paresthésies sur le compte d’un nerf coincé, conséquence des lourdes valises qui m’avaient accompagnée pendant mon voyage.

Tous les matins je me réveillais, espérant que la sensation disparaitrait. Le plus marquant était lorsque j’allais me doucher. Le ruissellement de l’eau sur ma peau  me semblait très bizarre et je ne sentais même pas la chaleur. Ou plutôt, il me fallait un moment avant que mon torse ne se rende compte que l’eau était trop chaude, alors que le reste de mon corps avait déjà reçu l’information.

Je restais néanmoins avec cela pendant une dizaine de jours. Une part de moi ne voulait pas envisager que ce n’était pas normal. Je finis par en parler un soir, au téléphone, avec mes parents. Ma mère avait été infirmière avant ma naissance et, sans doute, eut-elle des doutes sur la possibilité d’une sclérose en plaques. Pour ne pas m’inquiéter, elle ne me dit rien mais insista pour que je me rende chez un médecin le plus tôt possible.

Le lendemain matin, alors que j’en référais à ma collègue, celle-ci décida de me conduire à l’hôpital de Sanremo. 

Pour découvrir la suite : Première rencontre avec l’hôpital

Catégories : I -Le ChocMon histoire

1 commentaire

laissez moi présenter la jeune fille d'avant la sclérose en plaques · 04/05/2018 à 16:18

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