HISTOIRE / Atteinte de la sclérose en plaques depuis mes 23 ans, j’ai toujours refusé tout traitement allopathique et me suis orientée vers un chemin thérapeutique moins conventionnel. Après un long parcours rempli de hauts et de bas, je vis aujourd’hui en harmonie avec celle que je nomme ma meilleure ennemie. C’est ce chemin que je souhaite partager pour présenter une expérience, emprunte de résilience, et une autre façon de percevoir les épreuves que nous traversons. Car, au final, elles sont souvent des messages pour apprendre à mieux nous connaître et trouver le moyen de vivre en phase avec nous-mêmes.

Synopsis : Ce chapitre est une introduction à mon parcours de résilience, suite à l’annonce de ma maladie.

INTRODUCTION

Boris CYRULNIK a dit : “Un malheur […] c’est une fange glacée, une boue noire, une escarre de douleur qui nous oblige à faire un choix : nous y soumettre ou la surmonter”. J’étais férue de citations étant petite cherchant toujours à les appliquer dans les situations de ma vie. Ma mère m’avait même offert un de ces livres qui retracent toutes les citations d’auteurs connus et j’étais tombée sur celle-ci. Elle me glaçait. Par malheur, j’imaginais le décès d’un de mes proches, une maladie, une catastrophe naturelle, un sinistre… tout ce qui pouvait contribuer à affecter l’équilibre que j’avais dans ma vie.

J’ai eu une enfance que la plupart des gens considéreraient comme une enfance heureuse. Comme dans chaque famille, elle y avait sa zone d’ombre, ses non-dits mais globalement, j’étais une enfant très choyée, voire surprotégée. J’étais de nature très sensible et je ne me voyais absolument pas comme une battante. Je savais que les décès étaient une chose naturelle à laquelle je serai forcément confrontée. J’avais déjà perdu mon grand-père paternel, dont j’étais très proche, pendant mon adolescence et j’en avais été terriblement affectée. Même encore aujourd’hui, je peine à trouver une certaine stabilité émotionnelle, pleurant souvent sans raison, fuyant les films tristes, et coupant court à toute information trop difficile à entendre.

Toujours est-il que lorsque je fus diagnostiquée d’une sclérose en plaques, je n’aurais jamais imaginé avoir la moindre ressource ou force pour pouvoir surmonter ça. J’avais alors 23 ans, je démarrais ma carrière professionnelle, j’avais la vie devant moi et je me sentais immortelle. Et soudain, je devais prendre en compte cette maladie, avec ses limites physiques … cet intrus !  Il me fallait faire le deuil d’une vie « normale » et dire Adieu à mon insouciance et à ma légèreté.

Les étapes après l’annonce d’une maladie

Il est dit que dans un processus de deuil, il y a plusieurs étapes : le Choc, le Déni, la Colère, la Tristesse, la Reconstruction puis l’Acceptation. Au travers de mon expérience personnelle, je me suis rendue compte que, suite à l’annonce d’une maladie, nous réagissons tous de la même façon. Ce qui nous différenciera les uns des autres sera le temps que nous passerons dans chaque étape.

CHOC

Le Choc consiste en un mécanisme de légitime défense de notre esprit. Le malheur qui nous frappe arrive souvent de manière brutale et inattendue et notre cerveau conscient n’est pas en mesure d’assimiler l’information. Cette étape est toujours suivie du Déni. Afin que notre corps puisse résister au Choc, notre esprit fait barrage et rejette l’information.

DÉNI 

Cette étape est toujours suivie du Déni. Afin que notre corps puisse résister au Choc, notre esprit fait barrage et rejette l’information. D’une certaine façon, cela nous permet d’avoir à nous y confronter dans un moment où nous serons plus « prêts » à la recevoir. Il est, par conséquent, faux de penser que l’étape de Déni est une étape courte, certaines personnes peuvent y rester bloquées pendant longtemps.

COLÈRE

Vient ensuite la  Colère. Lorsque l’information est arrivée, une autre forme de rejet consiste à chercher un coupable, à avoir besoin d’exprimer sa Colère contre une entité, souvent invisible, qui serait responsable de cette terrible injustice. Dans ma propre expérience, cette période a été fortement mêlée à ma phase de Déni.

TRISTESSE

La Tristesse arrive lorsque nous cessons de nous battre et nous finissons par accepter cette information. Nous en prenons désormais pleinement conscience et elle nous terrasse. C’est souvent un moment décisif et il n’est pas rare de s’arrêter définitivement à cette étape et de ne plus pouvoir sortir de cette tristesse.

RECONSTRUCTION

Lorsque nous y sommes prêts, nous entrons alors dans la période de Reconstruction. C’est le moment où nous sommes en quête de solutions et de moyens pour nous en sortir.

ACCEPTATION

La reconstruction est aussi l’amorce de la dernière étape, à savoir l’Acceptation, où nous acceptons et nous nous réconcilions avec la réalité, avec ce qui désormais « est » et ne pourra plus être changé.

Ma traversée personnelle

Ma première réaction fut de me soumettre à ce malheur, de me positionner en tant que victime du sort, de cette injustice qui s’abattait sur moi. Pourquoi moi ? Pourquoi cela était-il tombé sur moi ? Personne dans ma famille n’avait cette maladie, l’hérédité n’était donc pas en cause. Alors, pourquoi ?
Il m’a été, pendant un temps, très réconfortant de me laisser aller dans ce rôle de victime. Mon cerveau conscient n’avait pas la force d’assimiler cette nouvelle et je me suis doucement laissée glisser dans le rôle du malade, à être cajolée, dorlotée. L’autre possibilité aurait pu être de s’endurcir dès le départ, voyant la maladie comme un ennemi à vaincre. Ce fut ma seconde étape. Après la soumission, vint la rébellion, le rejet de ce nouvel élément dans ma vie qui perturbait tant mon équilibre. Il était donc plus simple de prétendre que rien n’avait changé.

Aujourd’hui, je me rends compte que ces deux scénarios, à savoir la soumission ou la bataille, restaient, au fond, similaires, chacun des deux m’évitant de me confronter à la question suivante : que veut me dire cette maladie ? Quel a été son rôle dans ma vie à ce moment là et quel était le message que mon corps a souhaité me faire passer ? C’est dans cette quête de sens et à travers d’un long travail sur moi-même que j’ai découvert que ma pathologie était très liée à un intense conflit intérieur et des blessures émotionnelles. Et c’est lorsque ce conflit a cessé et que ces blessures se sont refermées, que je me suis rendue compte que cette sclérose en plaques avait été ma meilleure ennemie.

C’est ma traversée personnelle de ces six étapes que je souhaite vous livrer ici et la façon dont j’ai fini par considérer ma sclérose en plaques, non plus comme un drame et une fin en soi, mais comme un message pour aller vers une nouvelle vie, plus en adéquation avec moi-même, pour aller vers un véritable apaisement et pour désormais apprendre à me laisser guider par elle.

Mon histoire commence ici, à travers le récit de ces différentes étapes reliées à ma propre expérience.


3 commentaires

Romain cazé · 18/01/2018 à 17:51

écrire fait du bien, c’est la seule façon que j’ai trouvé pour ne pas y laisser trop de plumes. Et sache que tu es lue, curieux de lire les autres chapitres.

    Lisa · 19/01/2018 à 03:28

    Merci beaucoup pour ton retour ! En ce qui me concerne j’ai trouvé beaucoup de moyens pour ne pas y laisser de plumes et écrire pour moi est autant thérapeutique que de pouvoir partager mes outils et donner un message d’espoir. Au plaisir de découvrir ton site 🙂

laissez moi présenter la jeune fille d'avant la sclérose en plaques · 17/01/2018 à 20:12

[…] : Dans le chapitre 1, je présentais les différentes étapes qui suivent l’annonce d’une maladie, à savoir […]

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